Centrale d’achat du Gabon : un report qui relance le débat sur la lutte contre la vie chère

Le lancement de la Centrale d’achat du Gabon, annoncé comme l’un des outils majeurs de la politique gouvernementale de lutte contre la vie chère, n’aura finalement pas lieu à la date initialement prévue. Cette semaine, le gouvernement a acté le report de la mise en service de la structure à avril 2026, une décision prise à l’issue d’une réunion conduite par le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault.

Officiellement, ce report s’explique par des contraintes administratives et organisationnelles. Selon les autorités, plusieurs aspects du projet nécessitent encore des ajustements, notamment en ce qui concerne l’installation du siège de la centrale, la finalisation de son cadre juridique et la structuration de son mode de fonctionnement. En coulisses, certains évoquent également des difficultés de coordination entre les différentes administrations impliquées.

La Centrale d’achat est censée permettre à l’État de mieux maîtriser les circuits d’importation des produits de première nécessité et de stabiliser les prix sur le marché intérieur. Dans un contexte marqué par une hausse continue du coût de la vie, le projet suscitait de fortes attentes au sein de la population. Son report, même temporaire, ravive donc les interrogations et les inquiétudes.

Sur les marchés de Libreville et de l’intérieur du pays, les commerçants observent l’évolution du dossier avec une attention particulière. Beaucoup reconnaissent la pertinence de l’initiative, tout en exprimant des doutes quant à sa mise en œuvre effective. Certains craignent que la Centrale d’achat ne vienne perturber les circuits existants sans pour autant produire une baisse significative des prix pour les consommateurs.

Du côté du gouvernement, le discours se veut rassurant. Les autorités insistent sur la nécessité de prendre le temps de bien structurer la centrale afin d’éviter les échecs observés dans des projets similaires par le passé. L’accent serait mis sur la gouvernance, la transparence et la viabilité financière, afin de garantir la crédibilité de l’outil.

Selon des sources proches du dossier, des partenariats avec des fournisseurs internationaux sont en cours de négociation. L’objectif est de sécuriser des volumes d’approvisionnement à des coûts maîtrisés, tout en réduisant la dépendance aux intermédiaires. Un chantier complexe, qui nécessite une expertise technique et une coordination étroite entre les ministères concernés.

Sur le plan politique, le report du lancement est perçu par certains observateurs comme un signal de prudence, mais aussi comme un aveu des limites de l’administration à mener rapidement des réformes d’envergure. La lutte contre la vie chère reste l’une des principales préoccupations des ménages gabonais, et chaque retard alimente le sentiment d’urgence.

Les organisations de consommateurs, de leur côté, appellent le gouvernement à plus de transparence sur l’état d’avancement du projet. Elles demandent notamment à être associées aux réflexions, afin de s’assurer que la Centrale d’achat réponde réellement aux besoins des populations et ne se transforme pas en une structure administrative de plus.

Dans l’entourage du Vice-président du Gouvernement, on assure que le délai supplémentaire sera mis à profit pour finaliser les derniers ajustements et garantir un démarrage effectif en avril. Reste à savoir si ce calendrier sera respecté, dans un contexte où la pression sociale et économique ne cesse de s’intensifier.

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