
Il y a des nouvelles qui vous prennent à la gorge. La mort de Brice Ndong est de celles-là. On l’a appris au début de la semaine, et depuis, il est impossible de s’en détacher. Un accident de voiture. Brutal. Inattendu. Une vie arrachée alors qu’il faisait simplement son travail, sur une route que tant d’entre nous empruntent tous les jours, à Libreville.
Brice, c’était ce journaliste qu’on voyait partout. Il avait ce mélange d’urgence et de calme, comme s’il courait contre le temps mais savait exactement où il allait. Micro en main, téléphone collé à l’oreille, carnet de notes toujours prêt. Pas de bureaux luxueux, pas de confort, juste le terrain. Il aimait sentir la ville, entendre ses habitants, comprendre leurs histoires. Et maintenant, cette ville qui bouge toujours, semble suspendue.
L’accident s’est produit dans l’après-midi, sur une route très fréquentée du quartier Nzeng-Ayong. Selon les témoins, un camion a perdu le contrôle et a percuté le véhicule dans lequel Brice se trouvait. Le choc a été terrible. Il n’y avait rien à faire. Il est parti. Trop vite. Trop jeune. Trop plein de projets.
Dans les rues, sur les réseaux sociaux, dans les rédactions, les réactions se bousculent. « Ce n’est pas possible… », « Il ne méritait pas ça », « Il était toujours là pour nous raconter la vérité… ». Les messages affluent. Des collègues pleurent, des amis se souviennent, et même ceux qui ne le connaissaient pas personnellement ressentent ce vide. Car Brice n’était pas seulement un journaliste : il était une partie vivante de la ville, un témoin attentif de la vie quotidienne, de ses joies et de ses douleurs.
Les accidents de la route sont devenus presque banals à Libreville, mais perdre quelqu’un qu’on connaît, ou que l’on voyait régulièrement sur les routes, c’est autre chose. La peur devient concrète. L’injustice tangible. Et pour les familles de journalistes, pour les piétons, pour les conducteurs, cela rappelle que chaque trajet peut être le dernier.
Brice laisse derrière lui un vide immense. Une voix qui racontait la ville, des histoires qui faisaient sourire ou réfléchir, et une énergie qu’on sentait dès qu’il arrivait quelque part. Aujourd’hui, on se souvient de lui dans chaque coin de rue, dans chaque embouteillage, dans chaque micro tendu pour recueillir la voix de ceux qui vivent Libreville de l’intérieur.


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