La transformation locale du manganèse gagne du terrain au Gabon. Nouvelle Gabon Mining (NGM), exploitant du minerai dans le Haut-Ogooué, s’est récemment engagée dans la construction d’une usine de transformation à Mounana, selon des informations rapportées par nos confrères de Gabon 1ère.
Cette initiative s’inscrit dans la droite ligne de la volonté des autorités gabonaises de mettre fin à l’exportation du minerai brut d’ici 2029, annoncée lors du Conseil des ministres du 30 mai 2025.
Avec cette initiative, NGM emboîte le pas à Eramet Comilog, pionnière de la transformation du manganèse au Gabon. Depuis 2000, soit 25 ans aujourd’hui, l’entreprise transforme le minerai à Moanda à travers le Complexe Industriel (CIM), avant de franchir un nouveau cap en 2015 avec la mise en service du Complexe Métallurgique (CMM), une unité unique en Afrique subsaharienne.
Une étape majeure qui a marqué l’entrée du pays dans une véritable ère industrielle.
Ces installations produisent plusieurs dérivés à forte valeur ajoutée, notamment l’hydrométal, l’aggloméré de manganèse, le silicomanganèse et le monoxyde de manganèse, destinés aux marchés industriels.
La transformation du manganèse chez Eramet Comilog repose également sur un savoir-faire largement national. Au sein de sa direction de la transformation métallurgique, on dénombre plus de 200 collaborateurs, dont 99% de nationaux, illustrant la montée en compétence des ressources humaines gabonaises dans les métiers industriels.
Au-delà des investissements industriels, l’entreprise prévoit l’attribution de 10 bourses d’études par an à de jeunes Gabonais à fort potentiel, dans les métiers liés à la transformation du manganèse, et ce à compter de cette année.
On comprend ici que cette initiative vise à préparer une nouvelle génération de spécialistes, capables d’accompagner durablement l’essor de la transformation locale et de consolider la souveraineté industrielle du Gabon.
L’ensemble de ces éléments démontre qu’Eramet Comilog est d’ores et déjà en phase avec les orientations de la politique nationale de transformation et dispose d’un socle humain et industriel solide pour relever les défis à venir.
Autant de signaux qui traduisent une mutation du secteur minier gabonais, désormais engagé sur la voie d’une transformation locale assumée et irréversible. Encore faut-il que les contraintes énergétiques ne deviennent pas le talon d’Achille d’une ambition industrielle pourtant bien engagée.


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