Transformation du manganèse : Comilog, vingt-cinq ans d’industrialisation silencieuse

Transformation du manganèse : Comilog, vingt-cinq ans d’industrialisation silencieuse

Le reportage récemment diffusé sur Gabon 1ère a ravivé un débat autour du rôle d’Eramet-Comilog dans la transformation locale du manganèse.

 Certaines analyses laissent entendre que l’entreprise n’aurait pris conscience que tardivement des enjeux liés à l’industrialisation minière. Pourtant, un retour sur les faits permet de constater que cette orientation stratégique est engagée depuis plus de deux décennies.

Dès l’an 2000, Comilog posait les bases de cette ambition industrielle avec la mise en exploitation du Complexe Industriel de Moanda. À travers un investissement estimé à 80 millions d’euros, le Gabon s’est alors doté de sa première unité d’enrichissement et de sintérisation du manganèse. Cette infrastructure a permis d’augmenter la teneur du minerai à 56 %, tout en intégrant dans le processus de production des fines jusque-là jugées inutilisables.

 Cette avancée technique a marqué une rupture avec le modèle exclusivement extractif.

Quinze ans plus tard, cette logique de transformation s’est renforcée avec la création du Complexe Métallurgique de Moanda. Unique en Afrique subsaharienne, cette unité industrielle a nécessité plus de 160 milliards de FCFA d’investissements et produit chaque année du silicomanganèse et du manganèse métal destinés aux marchés internationaux. Elle illustre une volonté claire de franchir un palier supplémentaire dans la chaîne de valeur minière.

L’impact de cette installation dépasse largement le cadre industriel. Le CMM emploie aujourd’hui plus de 260 personnes, quasi exclusivement gabonaises, avec une forte présence de jeunes issus des localités environnantes, notamment de Mounana. Cette dynamique participe à la structuration d’un tissu économique local et au transfert de compétences spécialisées.

À l’approche de l’échéance fixée par l’État pour l’arrêt des exportations de minerai brut en 2029, Comilog a déjà pris une longueur d’avance. Le lancement en 2024 des laveries modulaires d’Okouma vient renforcer les capacités nationales de traitement, tout en améliorant la qualité des produits finis.

Dans le même temps, l’entreprise s’inscrit dans une démarche de métallurgie plus respectueuse de l’environnement. Des tests sont en cours pour substituer le coke par des réducteurs naturels d’origine locale, réduisant ainsi significativement l’empreinte carbone des fours industriels.

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