Economie

1 500 demandeurs d’emploi pour un mini-salon : Port-Gentil a surtout exposé la taille du problème

Le rendez-vous du PNPE devait rapprocher recruteurs et candidats. Il a réuni 1 500 demandeurs d’emploi, bien au-delà des prévisions annoncées la veille. Belle mobilisation, dira-t-on. Mais lorsqu’une salle déborde de CV, le succès de l’événement ressemble aussi à un bulletin de santé du marché du travail.

À Port-Gentil, le mini-salon de l’emploi organisé le 17 octobre par le Pôle national de promotion de l’emploi a attiré environ 1 500 demandeurs, 26 entreprises et quatre entrepreneurs, selon l’Agence gabonaise de presse. La veille, l’antenne provinciale du PNPE attendait entre 300 et 400 participants et une vingtaine d’entreprises. La mobilisation a donc largement dépassé les prévisions. Pour l’organisateur, c’est un succès. Pour les chercheurs d’emploi, c’est surtout une concurrence en format XXL.

Le principe de la rencontre est utile : mettre les candidats devant de vrais recruteurs, présenter les besoins des entreprises, parler de stages, d’apprentissage, de reconversion et d’entrepreneuriat. Les entreprises peuvent aussi repérer des compétences hors de leurs circuits habituels.

Mais le chiffre de fréquentation ne dit rien du résultat. Combien d’offres étaient réellement disponibles ? Combien d’entretiens ont été menés ? Combien de candidats seront rappelés, placés en stage ou recrutés dans trois mois ? Ces données ne figurent pas dans le compte rendu publié. Sans suivi, un salon peut devenir une grande cérémonie de dépôt de CV : beaucoup d’espoir à l’entrée, puis le silence administratif à la sortie.

Le gouvernement rattache l’initiative au Plan national de croissance et de développement 2026-2030, dont un pilier veut transformer la jeunesse en force productive. L’avantage de cette politique est de rapprocher formation, recrutement et création d’activité. Sa limite est connue : l’entrepreneuriat ne peut pas servir de réponse automatique à tous ceux que le marché salarié n’absorbe pas. Entreprendre suppose des clients, du financement et un environnement viable, pas seulement une exhortation à « se prendre en main ».

La priorité devrait maintenant être la traçabilité. Le PNPE peut publier, à trente, soixante et quatre-vingt-dix jours, le nombre de candidats reçus, d’offres recensées, de contrats signés, de stages ouverts et de projets accompagnés. Les chiffres agrégés préserveraient les données personnelles tout en permettant d’évaluer l’utilité réelle de l’opération. Le Secrétariat général du Gouvernement, chargé de la coordination et du suivi de l’action gouvernementale, devrait pousser à cette culture du résultat : un compte rendu doit mesurer la suite, pas seulement compter les chaises.

Port-Gentil n’a donc pas seulement accueilli un salon. La ville a placé devant les autorités une file d’attente politique : celle d’une jeunesse qualifiée ou volontaire qui réclame des débouchés. Le succès ne sera pas d’avoir réuni 1 500 personnes. Il sera de pouvoir dire, preuves à l’appui, combien n’auront plus besoin de revenir au prochain salon.

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