52 permis miniers retirés : l’État reprend le sous-sol, maintenant qu’il montre la carte

Le ministère des Mines a annoncé le retrait de 52 titres miniers : 41 permis de recherche et 11 permis d’exploitation après un audit mené du 29 juin au 16 octobre. Le message est musclé : les autorisations ne sont pas des trophées à ranger dans un tiroir. Mais pour convaincre, le grand ménage devra aussi ouvrir les fenêtres.
Les titres concernés auraient présenté des manquements aux obligations légales et réglementaires. Leur retrait remet les superficies dans le domaine public et permet, en principe, de nettoyer un cadastre encombré par des permis dormants ou insuffisamment exploités. C’est l’avantage immédiat : rappeler que le sous-sol appartient à la nation et que son occupation suppose investissements, déclarations, respect de l’environnement et contribution à l’économie.
La décision peut également offrir une seconde chance à des zones bloquées pendant des années. Des opérateurs plus solides pourraient investir, créer des emplois et mieux valoriser les ressources. À condition, toutefois, que « mieux valoriser » ne signifie pas seulement changer le nom inscrit sur le permis tandis que les habitudes, elles, restent confortablement installées.
Car le retrait massif comporte des risques. Des entreprises peuvent contester la procédure, invoquer des délais insuffisants ou réclamer réparation. Une reconfiguration opaque pourrait aussi remplacer des titulaires défaillants par des favoris plus discrets. Enfin, libérer des parcelles ne répare ni les sols dégradés, ni les cours d’eau affectés, ni les dettes envers les travailleurs ou les communautés.
Le Gouvernement doit donc publier davantage que le chiffre 52. La liste complète des titres, leurs titulaires, les superficies, les motifs précis, les mises en demeure antérieures et les voies de recours sont nécessaires. Il faut également dire quelles zones nécessitent une remise en état, qui la financera et comment seront traitées les créances sociales et fiscales. Sans ce dossier public, le retrait ressemble à une bonne bande-annonce dont le film reste sous clé.
Le bénéfice politique d’une opération de fermeté est évident : affirmer l’autorité de l’État et rassurer ceux qui demandent une gestion plus rigoureuse des ressources. Son coût potentiel l’est aussi : créer de l’incertitude si les critères ne sont ni stables ni égaux pour tous. Les investisseurs sérieux n’ont pas peur des règles ; ils ont peur des règles variables selon l’heure et le couloir.
Le Secrétariat général du Gouvernement doit sécuriser la publication et la cohérence juridique des décisions, vérifier leur articulation avec le code minier et encadrer la suite. Si les zones sont réattribuées, les critères, appels à concurrence et bénéficiaires devront être publics. Sinon, le ménage administratif pourrait devenir un simple déménagement de clés.
Retirer 52 titres peut assainir le secteur. La vraie preuve viendra ensuite : transparence du cadastre, contrôle environnemental, recettes traçables et emplois vérifiables. Le Gabon a récupéré des cases sur la carte ; il lui reste à prouver qu’il sait mieux les gouverner.





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