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Rentrée solennelle à l’UOB : les discours sont assis, mais les cours avancent encore au ralenti

L’Université Omar Bongo a renoué le 30 octobre avec sa cérémonie solennelle de rentrée académique. Le symbole est respectable. Pourtant, des inscriptions tardives et une reprise progressive avaient encore été signalées mi-octobre. À l’université, remettre la toge ne suffit pas : il faut aussi remettre l’année sur les rails.

L’UOB veut restaurer les traditions académiques : bénédiction de l’année universitaire le 27 octobre, cérémonie officielle le 30, rappel des missions de transmission du savoir, de recherche et de contribution au développement. Une université a besoin de rituels, de fierté institutionnelle et d’une communauté rassemblée. Il n’y a rien de ridicule à célébrer le savoir — surtout dans un pays où le débat public lui demande parfois de voyager sans budget.

Le contraste avec la réalité opérationnelle mérite toutefois examen. Le 15 octobre, Gabon Media Time rapportait, en citant le secrétaire général de l’établissement, qu’environ 4 000 étudiants sur un effectif estimé à 18 000 auraient alors réglé leurs frais d’inscription. Cette donnée, datée et susceptible d’avoir évolué depuis, décrivait une reprise freinée par les démarches administratives. Dans d’autres établissements publics, les calendriers étaient également progressifs ou provisoires.

Le bénéfice d’une rentrée solennelle est de fixer un cap, rappeler les standards académiques et recréer un sentiment d’appartenance. Son inconvénient est le risque de donner l’image d’une normalité déjà retrouvée. Le danger serait de célébrer l’excellence dans un auditorium pendant que des milliers d’étudiants restent coincés entre inscription, orientation, emploi du temps et disponibilité des salles.

Le gouvernement avait identifié dès juillet plusieurs défis : accueil des nouveaux bacheliers, coordination des orientations, audit des vacations, infrastructures et capacité des campus. Ces sujets réclament désormais un tableau de bord public. Combien d’étudiants inscrits au 1er novembre ? Combien de cours effectivement démarrés ? Quelles facultés accusent un retard ? Quels paiements de vacations restent en attente ? Sans ces réponses, « rentrée académique » devient une date de calendrier, pas une situation pédagogique.

Les avantages d’une normalisation rapide sont évidents : éviter une année à rallonge, sécuriser les examens et donner de la visibilité aux enseignants. Les limites viennent des capacités d’accueil et des lourdeurs administratives. Les risques sont les cours compressés, les évaluations précipitées et une nouvelle accumulation d’arriérés sociaux.

Le Secrétariat général du Gouvernement devrait coordonner Enseignement supérieur, Budget, Fonction publique et œuvres universitaires autour d’un suivi mensuel. Les problèmes d’université adorent les frontières administratives : chacun connaît une partie du dossier, personne ne possède l’année entière.

La solennité est utile lorsqu’elle ouvre une année réellement organisée. Sinon, l’université aura parfaitement réussi sa rentrée… sur l’estrade.

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