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Vieilles pièces CEMAC : votre monnaie expire aujourd’hui, mais votre argent n’est pas encore mort

Depuis ce 1er novembre, les pièces émises entre 1958 et 1985 perdent leur cours légal dans les six pays de la CEMAC. Elles ne peuvent plus servir à payer, mais restent échangeables pendant douze mois. Entre assainissement monétaire et pénurie chronique de petite monnaie, la réforme devra éviter que le commerçant transforme chaque rendu en bonbon obligatoire.

La CEMAC tourne officiellement une page métallique. Les anciennes pièces des gammes mises en circulation entre 1958 et 1985 n’ont désormais plus de pouvoir libératoire au Cameroun, en Centrafrique, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad. Traduction : un commerçant peut légitimement les refuser à partir d’aujourd’hui. Mais elles ne deviennent pas immédiatement des souvenirs de famille.

La Banque des États de l’Afrique centrale prévoit une période d’échange jusqu’au 31 octobre 2027. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, les détenteurs pourront se rendre auprès des banques, établissements de microfinance et guichets de la BEAC. Durant les trois derniers mois, seuls les guichets de la banque centrale devraient assurer l’opération. Garder ses pièces au fond d’un tiroir jusqu’à Halloween prochain serait donc une stratégie audacieuse, pas une bonne idée.

L’avantage de la démonétisation est compréhensible : retirer des signes vétustes, uniformiser la circulation et accélérer l’usage de la gamme « Type 2024 », lancée en avril 2025. La BEAC prévoit par ailleurs d’injecter 500 millions de nouvelles pièces par an pour atteindre trois milliards d’unités en 2030. Sur le papier, cela doit réduire les pénuries de monnaie qui empoisonnent les petits achats.

Mais le calendrier ne garantit pas le résultat. Si les nouvelles pièces n’arrivent pas en quantité suffisante dans les marchés, taxis et commerces de quartier, les arrondis sauvages continueront. Les perdants seront les consommateurs qui abandonnent 25, 50 ou 100 francs à chaque transaction. À la fin du mois, le petit manque de monnaie devient un impôt privé sans loi ni reçu.

Les bénéfices attendus sont donc une monnaie plus homogène et des transactions plus simples. Les inconvénients sont les déplacements nécessaires pour échanger de faibles montants et le risque d’information inégale. Les risques concernent les refus prématurés, les intermédiaires qui rachèteraient les pièces à vil prix et l’exclusion des personnes sans compte bancaire ou éloignées d’un guichet.

Au Gabon, le gouvernement et les banques doivent publier une carte des points d’échange, organiser des opérations mobiles et expliquer clairement les pièces concernées. Les associations de consommateurs devraient également surveiller les pratiques de rendu. Une réforme monétaire réussie se mesure moins au communiqué de la banque centrale qu’à la capacité d’acheter du pain sans recevoir une poignée de friandises en guise de politique monétaire.

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