Afrique

Dakar 2026 : sept jeunes Panthères pour prouver que le sport gabonais sait faire autre chose que des réunions

Sept athlètes gabonais participeront aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, du 31 octobre au 13 novembre, dans cinq disciplines. Première édition olympique organisée en Afrique, l’événement offre une vitrine historique. Mais une délégation ne se juge pas à la cérémonie du drapeau : elle se prépare, se protège et s’accompagne longtemps après les photos.

Ils sont sept, et ils porteront bien plus que leurs sacs de compétition : Serena Grâce Massala Malonga en athlétisme ; Rebeka Kowengue Ahoton Iguewa et Marvin Boulouchi en taekwondo ; Ghyslain Ndong en judo ; Tracy Assengone Allogo en wushu ; Teli Ozavino et Axelle Moulenda en natation. Dakar 2026 réunira environ 2 700 jeunes athlètes dans le premier événement olympique jamais organisé sur le continent africain.

Le ministère des Sports a remis le drapeau national à la délégation en appelant à dépasser la simple participation. L’ambition est saine. Pour un jeune sportif, ces Jeux représentent une confrontation au haut niveau, une expérience internationale et parfois le premier chapitre d’une carrière. Pour le Gabon, ils permettent aussi d’observer la qualité réelle de la détection, de la formation et de l’encadrement.

Mais attention au vieux piège national : demander des médailles à des adolescents après leur avoir parfois fourni une préparation au compte-gouttes. La performance ne naît pas d’un discours prononcé la veille du départ. Elle exige des entraîneurs qualifiés, du matériel, un suivi médical, une nutrition adaptée, des compétitions régulières et un accompagnement scolaire. Le drapeau motive ; il ne remplace pas un chronomètre, un tatami ou un bassin disponible toute l’année.

Les bénéfices de la participation sont nombreux : expérience, visibilité, inspiration pour d’autres jeunes et constitution d’un vivier pour les compétitions seniors. Les limites tiennent à la taille modeste de la délégation et à la présence dans seulement cinq disciplines. Les risques sont connus : pression excessive, oubli des athlètes après les Jeux, récupération institutionnelle en cas de succès et recherche précipitée de coupables en cas d’échec.

Le gouvernement et les fédérations devraient publier pour chaque discipline un bilan de préparation et, après Dakar, un programme de progression sur quatre ans. Que deviennent ces sept athlètes ? Quels moyens recevront leurs clubs ? Quelles performances serviront de référence ? Sans réponses, la relève sportive restera une expression de communiqué.

La réussite ne se limitera donc pas au podium. Elle résidera aussi dans la capacité à protéger ces jeunes, analyser leurs résultats et transformer l’expérience en parcours durable. Dakar peut être un départ ; il ne doit pas devenir une parenthèse encadrée de drapeaux.

Souhaitons aux jeunes Panthères de rugir. Et souhaitons surtout aux institutions de ne pas redevenir silencieuses dès leur retour.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *