FOOTBALL FÉMININ : LIBREVILLE INVITE CINQ PAYS… ET DOIT MAINTENANT ÉVITER LE TOURNOI JETABLE

Du 4 au 10 novembre, le stade de Nzeng-Ayong doit accueillir la première édition d’un tournoi amical international de football féminin. Cinq sélections d’Afrique centrale et le Sporting Club Nyanga sont annoncés. Enfin des matches pour les joueuses ; maintenant, il faudra prouver qu’elles ne servent pas seulement à remplir une semaine de calendrier.
Le Gabon, le Tchad, le Congo, la République centrafricaine et Sao Tomé-et-Principe sont attendus à Libreville, aux côtés du club gabonais. L’événement est porté par le Collectif de football féminin de l’Afrique centrale, avec l’appui annoncé de la FIFA. L’objectif affiché est simple et utile : donner aux équipes un cadre de préparation, de confrontation et d’échange d’expérience.
Dans une sous-région où les sélections féminines manquent souvent de matches, l’avantage est évident. Une joueuse progresse en jouant, pas en admirant des communiqués. Le tournoi peut offrir du temps de jeu international, révéler des talents, aider les staffs à évaluer leurs effectifs et donner aux jeunes filles une image plus proche du haut niveau. Pour le Gabon, accueillir la compétition est aussi une occasion de remettre le football féminin dans la conversation sportive nationale.
L’envers du décor mérite toutefois le même éclairage. Un tournoi amical n’est pas encore une politique de développement. Sans championnat régulier, formation des entraîneures, suivi médical, arbitrage, contrats clairs et calendrier durable, l’événement peut devenir un feu d’artifice : joli, bruyant et déjà oublié au petit matin. La communication doit aussi être verrouillée. L’annonce gabonaise évoque une fin le 10 novembre, tandis que la Fédération tchadienne parle du 11. Ce décalage n’est pas un scandale, mais il montre qu’avant le coup d’envoi, le programme définitif doit être rendu limpide.
Les organisateurs doivent préciser les horaires, les conditions d’accès, la diffusion éventuelle des rencontres et les dispositifs de sécurité et de santé. Surtout, ils doivent expliquer ce qui viendra après. Combien de rassemblements pour les Panthères ? Quel pont avec les clubs et les ligues ? Quels objectifs sportifs à douze mois ? La visibilité d’une semaine ne remplacera jamais le travail des cinquante et une autres.
Ce rendez-vous mérite du public et du soutien. Il mérite aussi une exigence égale à celle imposée au football masculin. Si Nzeng-Ayong vibre, tant mieux. Mais la vraie victoire ne se comptera pas seulement au tableau d’affichage : elle se mesurera au nombre de joueuses qui auront encore un championnat, un encadrement et une perspective après le départ des délégations. Le football féminin ne demande pas la charité. Il demande un calendrier qui ne disparaisse pas avec les banderoles.





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