Huit nouveaux ministres prêtent serment : la cérémonie est passée, l’examen commence

Après le remaniement du 11 octobre, huit ministres ont prêté serment le 15 octobre. Le changement d’équipe peut relancer des dossiers ; il peut aussi coûter du temps si les passations et les responsabilités restent floues. Les Gabonais attendent désormais autre chose qu’un trombinoscope.
Le 15 octobre, huit nouveaux membres du gouvernement ont prêté serment au Palais Rénovation, quatre jours après le remaniement ministériel. Le portail officiel du gouvernement a publié leurs noms et leurs portefeuilles : accès universel à l’eau et à l’énergie, travaux publics et construction, commerce et industrie, affaires sociales, pêche, tourisme, environnement, ainsi qu’un poste de ministre délégué à l’Intérieur. La cérémonie a été suivie d’un Conseil des ministres.
Un remaniement peut apporter du souffle. De nouveaux responsables peuvent revoir des méthodes, accélérer des dossiers bloqués et clarifier les priorités. Dans des secteurs aussi concrets que l’eau, l’électricité, les routes ou la protection sociale, une équipe qui sait décider et rendre des comptes peut améliorer le quotidien. Le Conseil du 15 octobre a d’ailleurs fixé des attentes de résultats et demandé que les décisions publiques soient mieux expliquées.
Mais changer les noms sur la porte ne répare ni une route ni une coupure de courant. Une transition trop rapide peut aussi entraîner des retards : dossiers à reprendre, arbitrages à refaire, équipes à réorganiser. Le risque est connu : que chaque nouveau ministre annonce une nouvelle méthode avant même d’avoir mesuré ce que la précédente a produit. Pour les usagers, la continuité du service compte davantage que le cérémonial.
Le communiqué du Conseil du 15 octobre insiste sur l’eau, l’électricité, la santé, l’emploi, les infrastructures et la gouvernance. Il évoque notamment l’accélération de la réforme du secteur de l’eau et de l’électricité, avec une séparation des activités de la SEEG et une spécialisation des acteurs entre production, transport, distribution et commercialisation. L’objectif annoncé est de mieux organiser la chaîne. Le bénéfice possible est une responsabilité plus claire à chaque étape. La limite, c’est qu’une nouvelle architecture ne produit pas automatiquement davantage d’eau ni moins de délestages : il faudra des investissements, un calendrier, des règles de transition et des indicateurs publics.
Dans cette séquence, le Secrétariat général du Gouvernement a un rôle qui dépasse la mise en ligne d’un trombinoscope : assurer la circulation des textes, leur cohérence et leur publication, afin que les annonces puissent être suivies d’actes applicables. La question n’est pas de lui attribuer les retards d’un secteur sans preuve, mais de demander que les textes, échéances et responsabilités soient accessibles. Une réforme impossible à consulter devient vite une promesse impossible à contrôler.
Les nouveaux ministres sont en fonction ; les résultats, eux, restent à établir. Le bilan ne se fera ni au serment ni à la photo de groupe, mais dans les services rendus, les délais tenus et les engagements vérifiables. La cérémonie est passée. L’examen commence.





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