Politique

UDB : le 5 décembre, grand congrès… mais quelles réponses pour les militants ?

Le parti au pouvoir a fixé au 5 décembre son premier congrès ordinaire, baptisé « Congrès de l’enracinement ». La date est connue ; le contenu politique, lui, reste à préciser. Et c’est là que commence le vrai rendez-vous.

Le Palais des sports de Libreville accueillera, le 5 décembre prochain, le premier congrès ordinaire de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). L’annonce a été faite le 14 octobre par Alexandre Awassi, conseiller stratégique national du parti, puis rapportée le 15 octobre par l’Agence gabonaise de presse. Le rendez-vous, intitulé « Congrès de l’enracinement », doit réunir militants et responsables autour de l’organisation, de la structuration et de la consolidation de la formation politique.

La date est donc posée. Le décor aussi. Pour le reste, le public attend encore le menu : quels textes seront soumis aux congressistes ? Quelle place sera donnée au débat interne ? Les responsables locaux auront-ils un véritable pouvoir de proposition ou surtout un siège dans la salle ? À ce stade, l’annonce disponible ne détaille ni l’ordre du jour, ni les modalités de représentation, ni les décisions attendues. Inutile de prêter au congrès des conclusions qu’il n’a pas encore rendues.

Pour un parti récent, un premier congrès peut être une étape utile. Il permet de mettre de l’ordre dans les structures, de clarifier les responsabilités, de faire remonter les préoccupations du terrain et de donner un cadre à la vie militante. Une organisation mieux structurée peut aussi rendre ses choix plus lisibles pour les citoyens et éviter que tout se décide dans un cercle trop étroit.

Mais le mot « enracinement » ne fait pas pousser des racines à lui seul. Si les militants ne peuvent ni discuter la ligne, ni contester les choix, ni peser sur les décisions, le congrès risque de ressembler à une grande photo de famille avec procès-verbal. La consolidation d’un parti ne se mesure pas au nombre de chaises occupées, mais à la qualité des échanges, à la transparence des règles et à la capacité d’entendre autre chose que les applaudissements.

L’UDB devra aussi préciser ce qu’elle entend par « parti au pouvoir » dans son fonctionnement quotidien : comment distinguera-t-elle l’action partisane de l’action de l’État ? Comment rendra-t-elle compte de ses engagements ? Ce sont des questions de gouvernance politique, pas des procès d’intention. Elles concernent toute formation qui aspire à peser durablement sur la vie publique.

Le congrès est annoncé pour le 5 décembre au Palais des sports. C’est un fait. Les ambitions détaillées, les propositions et les arbitrages restent à rendre publics. D’ici là, les slogans peuvent remplir une affiche ; ils ne remplacent pas un ordre du jour. Le véritable « enracinement » se jugera à la place laissée aux militants et à ce qui changera après la dernière photo.

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