Octobre Rose à Cocobeach : dépister en une journée, suivre les femmes toute l’année

Une campagne gratuite de sensibilisation et de dépistage des cancers féminins fut annoncée pour samedi dernier au centre médical de Cocobeach. L’initiative rapproche les soins des habitantes ; son vrai succès dépendra aussi de l’accès aux examens complémentaires et à la prise en charge après le dépistage.
Cocobeach a accueilli ce samedi 17 octobre une campagne de sensibilisation et de dépistage gratuit des cancers féminins, notamment ceux du sein et du col de l’utérus. Selon l’Agence gabonaise de presse, l’initiative est portée par la députée Edwige Ossonemane Ndong, épouse Nze Tokoy, sous le haut patronage de la Première dame. Le rendez-vous est annoncé au centre médical de la ville, dans le cadre d’Octobre Rose.
Le mérite d’une telle opération est simple : amener l’information et le dépistage au plus près des femmes, sans leur demander de commencer par un long déplacement ou par une facture. La proximité compte, tout comme la sensibilisation. En santé, une porte ouverte et un professionnel disponible peuvent faire tomber une partie de la gêne, de la peur et des idées reçues.
Mais une journée de dépistage n’est pas un parcours de soins complet. Que se passe-t-il si un examen nécessite des analyses complémentaires ? Où la patiente est-elle orientée ? Le rendez-vous de suivi est-il fixé, et les soins restent-ils accessibles financièrement ? L’annonce de la campagne ne précise ni le nombre de professionnelles et professionnels mobilisés, ni la capacité d’accueil, ni les modalités de suivi. Mieux vaut poser ces questions sans dénigrer l’initiative : elles déterminent précisément son utilité.
Au lancement national d’Octobre Rose, le 10 octobre, la ministre de la Santé a indiqué que l’examen de dépistage était gratuit et disponible toute l’année dans les régions sanitaires. Voilà une promesse utile, à condition que l’information atteigne les habitantes et que l’offre existe réellement à proximité. La campagne locale peut servir de passerelle vers ce dispositif permanent. Elle ne doit pas devenir l’unique journée où l’on parle prévention, avant que le ruban rose ne retourne dans un tiroir jusqu’à l’année prochaine.
Les pouvoirs publics ont donc un double défi : mobiliser maintenant et organiser la continuité ensuite. Cela suppose des équipes, des équipements, des rendez-vous, une orientation lisible et des données publiques sur le nombre de femmes dépistées et suivies sans exposer leur identité. Si l’action se limite aux photos de sensibilisation, elle aura fait parler du sujet ; si elle permet à une femme d’accéder à un examen puis, si nécessaire, à un traitement, elle aura changé quelque chose.
Le dépistage précoce est une étape importante, pas une formule magique. À Cocobeach, l’initiative mérite d’être saluée pour son accessibilité annoncée. Son bilan, lui, se mesurera aux femmes effectivement reçues et à la suite qui leur sera proposée. Octobre Rose passe. Les besoins, eux, ne regardent pas le calendrier.





Laisser un commentaire