Le renforcement du financement de la santé et l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques ont été au cœur des échanges entre le ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine AYO, épouse BIVIGOU, et le Dr Thaddée NDIKUMANANA, Représentant spécial du Directeur Général d’Africa CDC pour l’Afrique Centrale. Reçu le lundi 7 septembre 2026 à Libreville, ce dernier a échangé avec le membre du Gouvernement sur les principaux enjeux liés à la transformation et à la consolidation du système national de santé.
Au centre de cette coopération, la question du financement durable du secteur sanitaire apparaît comme un levier essentiel pour renforcer les capacités du système de santé gabonais. Africa CDC entend ainsi accompagner le Gabon dans l’amélioration de la gestion des finances publiques de la santé, notamment à travers la mise en œuvre de l’Agenda de Lusaka.
Cette démarche vise notamment à améliorer la planification et l’exécution budgétaires, à optimiser l’allocation des ressources disponibles et à mieux faire correspondre les financements publics aux besoins réels des populations. Une orientation d’autant plus stratégique qu’elle intervient à l’approche de la préparation de la loi de finances 2027, qui devra intégrer les priorités nationales en matière de santé.
Dans cette perspective, le ministre de la Santé a également souligné l’importance d’actualiser la cartographie sanitaire nationale. Cet outil doit permettre de disposer d’une vision plus précise de la répartition des infrastructures, des capacités existantes, des besoins des populations et des disparités territoriales à résorber, afin de mieux orienter les investissements publics.

La mobilisation de ressources domestiques constitue également un autre axe majeur identifié au cours des échanges. Celle-ci pourrait notamment passer par le renforcement de la fiscalité applicable à certains produits nocifs pour la santé, à l’instar du tabac, des boissons alcoolisées et des produits à forte teneur en sucre. Une approche destinée à soutenir durablement le financement du secteur tout en contribuant aux politiques de prévention.
Sur le plan régional, le Gabon entend par ailleurs renforcer son rôle dans la coordination des politiques sanitaires en Afrique centrale. Le pays accueillera, le 5 octobre 2026, la troisième réunion du Comité de pilotage du Centre régional de coordination (RCC) d’Africa CDC pour l’Afrique centrale, qui marquera également le lancement officiel de cette structure.
À travers cette initiative régionale, le Gabon ambitionne de contribuer davantage au renforcement de la surveillance épidémiologique, à la préparation et à la réponse aux épidémies, au partage sécurisé des données sanitaires ainsi qu’au développement des capacités régionales de réponse aux urgences de santé publique.
La vaccination demeure également au rang des priorités, avec une attention particulière accordée au rattrapage des enfants dits « zéro dose ». Cette orientation s’inscrit dans la volonté de renforcer la couverture vaccinale et de réduire les inégalités d’accès aux interventions essentielles de santé publique.
Par ailleurs, les deux parties ont abordé la participation du Gabon à la Conférence internationale sur la santé publique en Afrique (CPHIA 2026). Africa CDC souhaite mobiliser, autour de ce rendez-vous continental, les États, les universités, les enseignants-chercheurs, les étudiants ainsi que les jeunes professionnels de santé de la sous-région. Le ministre a donné son accord de principe pour la désignation d’un point focal national chargé d’accompagner les préparatifs et de faciliter la mobilisation des différents acteurs gabonais.
La question du partage des données sanitaires a également retenu l’attention des deux parties. Africa CDC a plaidé pour la poursuite du processus relatif à l’accord consacré à cet enjeu, considéré comme un instrument important pour améliorer la circulation sécurisée des informations sanitaires entre les États et l’organisation continentale. L’objectif est notamment de faciliter la détection précoce des menaces sanitaires et d’améliorer la coordination des réponses en cas d’urgence.
À l’issue de la rencontre, plusieurs actions prioritaires ont été retenues, parmi lesquelles la désignation d’un point focal national, le renforcement de la planification et de l’exécution budgétaires, la préparation de la loi de finances 2027, la mobilisation des acteurs autour de la CPHIA 2026 ainsi que la poursuite du processus relatif au partage des données sanitaires.
À travers ces différents chantiers, le Gabon et Africa CDC entendent inscrire leur partenariat dans une dynamique davantage axée sur des résultats concrets. Financement durable, souveraineté sanitaire, efficacité de la dépense publique, prévention des épidémies, partage des données et renforcement des capacités constituent ainsi autant de leviers pour bâtir un système de santé plus performant, résilient et mieux préparé face aux défis sanitaires futurs.


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