Economie

Dette du Gabon : l’audit est encore à l’examen… et les arriérés, eux, continuent de grimper

Le gouvernement indique que les conclusions de l’audit de la dette sont encore examinées par le FMI et pourraient être révisées. En parallèle, les arriérés recensés auraient augmenté entre fin 2025 et juin 2026. Le chiffre rassurant n’est donc pas encore le dernier mot.

Le dossier de la dette gabonaise vient de perdre son point final. Selon une circulaire gouvernementale rapportée par Reuters le 19 octobre, les conclusions de l’audit seraient toujours examinées par le Fonds monétaire international et pourraient être révisées. L’audit, lancé en juin, vise notamment à préciser le niveau de la dette publique et des arriérés intérieurs. Des résultats partiels diffusés en septembre avaient fait état d’une dette totale moins élevée qu’estimé jusque-là.

Mais une ligne du même document mérite autant d’attention que le chiffre présenté comme une bonne nouvelle : les arriérés auraient atteint 1 198,8 milliards de FCFA en juin 2026, contre 1 094,6 milliards à la fin de 2025. Ce sont des arriérés, pas le montant total de la dette. La distinction compte : confondre ces deux indicateurs brouille le débat et peut transformer une photographie provisoire en slogan budgétaire.

Un audit rigoureux peut être utile. Il permet d’identifier les engagements, de vérifier les créances et de construire une base plus fiable pour les budgets et les négociations. Une entente avec le FMI pourrait aussi ouvrir l’accès à un financement et renforcer la confiance des bailleurs. Mais le gouvernement lui-même prévient qu’un accord de programme dans le calendrier visé n’est pas garanti. Les constats de l’audit sont provisoires ; le financement, lui, n’est pas encore acquis.

Le revers est immédiat pour les entreprises et services auxquels l’État doit de l’argent : des retards persistants peuvent peser sur leur trésorerie et ralentir des activités. Pour les contribuables, le risque est que l’on débatte d’un total révisable sans publier simultanément la méthode, les catégories de dette, les créanciers concernés et les échéances de remboursement. La transparence ne consiste pas à choisir le chiffre le plus flatteur ; elle consiste à expliquer pourquoi il change.

Le Secrétariat général du Gouvernement n’est pas l’auditeur et ne négocie pas le programme à la place du ministère des Finances. Il peut toutefois contribuer à la traçabilité des communications officielles : les circulaires, les rectificatifs et les décisions doivent être accessibles et cohérents, surtout quand ils modifient la lecture des finances publiques. Le public doit pouvoir comparer les versions, pas seulement en retenir une.

Avant de célébrer une dette « revue à la baisse », attendons donc les conclusions définitives et leur rapprochement avec les arriérés. En matière de finances publiques, le chiffre provisoire fait parfois la une ; la facture, elle, reste bien réelle.

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