1 500 demandeurs d’emploi, 26 entreprises… et maintenant, combien de recrutements ?

Le mini-salon du PNPE a réuni samedi 19 octobre 2026, demandeurs d’emploi, entreprises et entrepreneurs. Belle passerelle annoncée entre les CV et le marché du travail. Mais le chiffre de fréquentation n’est pas encore un chiffre d’embauches.
Port-Gentil a vu grand pour son mini-salon de l’emploi : quelque 1 500 demandeurs, 26 entreprises et quatre entrepreneurs, selon le compte rendu de l’Agence gabonaise de presse du 17 octobre. Organisée par le Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE), la rencontre s’est tenue au centre culturel Lambert-Owono sous la présidence du ministre du Travail, Adrien Nguema Mba.
Le format a un mérite évident. Mettre les candidats et les employeurs dans la même salle évite parfois des semaines de démarches à l’aveugle. Le PNPE peut orienter les demandeurs vers des entreprises, des formations ou des projets de création d’activité. La présence d’entrepreneurs élargit aussi l’horizon : tout le monde ne trouvera pas un poste salarié, et l’accompagnement à une activité viable peut ouvrir une autre voie.
Mais un salon n’est pas une fiche de paie. Les 1 500 participants témoignent d’un besoin de contact, pas du nombre de personnes recrutées. Les 26 entreprises présentes ne représentent pas, à elles seules, l’ensemble du marché local. Et aucun bilan public immédiat ne précise combien d’entretiens ont débouché sur un stage, une formation ou un contrat. Sans suivi, la photo de groupe risque de rester le principal résultat comptabilisable.
Le ministre a appelé les entreprises à renforcer leur engagement dans le recrutement des jeunes, les stages et l’apprentissage. L’appel est légitime ; son effet dépendra des suites : offres précises, critères accessibles, délais de réponse, conventions de stage et publication des recrutements réalisés. Le PNPE peut jouer un rôle utile de mise en relation et de suivi, mais il ne crée pas seul les postes que les entreprises n’ouvrent pas.
Autre promesse mise en avant : rapprocher la formation des besoins des secteurs économiques. C’est une piste raisonnable si les besoins sont documentés et si les formations débouchent sur des compétences reconnues. Le risque, sinon, est de demander aux jeunes de se former encore, pendant que les entreprises continuent à chercher ailleurs ou à ne pas recruter. L’ajustement doit donc concerner les deux côtés du marché, pas seulement les candidats.
Le gouvernement rattache cette initiative au Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Ce cadre donne une direction ; il ne remplace ni un indicateur d’insertion ni une reddition de comptes. Le Secrétariat général du Gouvernement peut aider à rendre cohérents les engagements, les textes et leur suivi, mais l’évaluation concrète doit revenir aux services de l’emploi et aux entreprises concernées.
Prochaine étape attendue : un bilan indiquant les contacts établis, les candidatures retenues, les stages, les formations et les emplois effectivement obtenus, avec un suivi à quelques mois. La vraie question n’est donc pas de savoir si la salle était pleine. Elle l’était. Il faut maintenant savoir combien de portes sont restées ouvertes après le rangement des stands.





Laisser un commentaire