ÉLECTRICITÉ : NOUVEAU MINISTRE, 255 MW EN ATTENTE ET UNE SEEG À SCINDER… QUI GARANTIT LA CONTINUITÉ ?

Olivier Mouckocko prend les commandes d’un secteur où des coupures persistent, avec des turbines annoncées pour novembre et la réforme de la SEEG à préparer. Le changement peut relancer les dossiers. Il peut aussi rallonger la liste des responsables sans résoudre le problème du courant.
Depuis le remaniement du 11 octobre, Olivier Mouckocko dirige le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie. Il devient, selon l’Agence Ecofin, le quatrième responsable à occuper ce portefeuille depuis septembre 2023. Ce chiffre ne dit pas à lui seul pourquoi les difficultés perdurent. Il pose néanmoins une question utile : comment garantir la continuité des politiques quand les titulaires changent plus vite que les équipements ne sont mis en service ?
Le dossier le plus visible est celui de neuf turbines bicombustibles, d’une capacité cumulée de 255 mégawatts. Le communiqué du Conseil des ministres du 8 octobre indique qu’elles ont été livrées et posées sur certains sites en septembre, avec une mise en service attendue à la mi-novembre. Le même communiqué précise que l’aménagement hydroélectrique de Kinguélé Aval, d’une puissance de 35 MW, avait atteint 95 % de gros œuvre et que sa mise en service dépendait encore du raccordement et de deux autorisations. Ces chiffres sont des étapes annoncées, pas encore des mégawatts effectivement disponibles au réseau.
L’avantage de ces investissements est évident : davantage de capacité de production pourrait réduire la pression sur le système et améliorer l’alimentation de Libreville, Port-Gentil et Lambaréné. Le calendrier annoncé donne aussi des repères aux usagers, qui ont besoin de savoir quand les équipements produiront réellement. La scission prévue de la SEEG en deux entités spécialisées : l’une pour l’eau, l’autre pour l’électricité, peut clarifier les responsabilités et permettre un pilotage plus ciblé.
Mais une centrale inaugurée ne suffit pas à assurer le courant au domicile. Il faut aussi un réseau capable de transporter et distribuer cette énergie, des pièces de rechange, des équipes de maintenance et une gestion financière viable. La réorganisation de la SEEG comporte son propre risque : transfert des actifs, contrats, dettes et responsabilités sans rupture de service. Si la transition institutionnelle absorbe l’énergie des équipes, les usagers ne verront que le résultat, ou son absence… à l’interrupteur.
Le nouveau ministre peut apporter un regard neuf et arbitrer plus rapidement entre production, réseau et réforme. C’est le bénéfice potentiel d’un changement de pilotage. Son revers serait de recommencer le diagnostic, de modifier les priorités ou de repousser les échéances à chaque passation. L’enjeu n’est pas de commenter une personne, mais de demander un tableau public : turbines raccordées, essais terminés, autorisations obtenues, mégawatts injectés, durée des coupures et calendrier de transfert des activités de la SEEG.
Le gouvernement doit rendre compte d’un résultat mesurable, pas seulement d’un chantier « presque achevé ». Le Secrétariat général du Gouvernement peut assurer la traçabilité des décisions et des échéances interministérielles ; les ministères et opérateurs doivent, eux, expliquer les retards et les corrections. Tant que les promesses restent en mégawatts futurs, les ménages continueront de compter les heures sans électricité. La prochaine échéance est donc claire : la mise en service annoncée à la mi-novembre.





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