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PANTHÈRES SOURDES : L’ÉTHIOPIE EN MATCH D’OUVERTURE… MAIS QUI LES AIDERA À FAIRE ENTENDRE LEUR EXPLOIT ?

Le Gabon disputera la première CAN de football des sourds, du 30 novembre au 13 décembre à Addis-Abeba. Les Panthères sourdes ouvriront contre l’Éthiopie. L’affiche est historique ; la visibilité, la préparation et l’accompagnement doivent maintenant suivre le rythme du calendrier.

Le rendez-vous est fixé : la sélection gabonaise affrontera l’Éthiopie, pays hôte, en ouverture de la première Coupe d’Afrique des nations de football des sourds, le 30 novembre à Addis-Abeba. La compétition se poursuivra jusqu’au 13 décembre 2026. Le tirage place le Gabon dans un groupe avec l’Éthiopie, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et le Liberia. Selon l’Agence gabonaise de presse, cette CAN servira aussi de tournoi qualificatif pour le championnat du monde prévu en Australie en 2027.

La nouvelle mérite mieux qu’une brève glissée entre deux résultats. Pour les joueurs, cette compétition est une scène continentale et une occasion de défendre les couleurs du pays. Pour le football gabonais, elle rappelle que le sport de haut niveau ne se limite pas aux sélections les plus visibles. L’Union rapporte que l’équipe se prépare à Libreville depuis plusieurs semaines. Le sélectionneur a décrit une préparation physique déjà engagée, avant un travail technique et tactique. Voilà un début concret, même si le calendrier serré rend chaque séance précieuse.

Mais une affiche inaugurale ne garantit pas les conditions d’une campagne réussie. Il faut pouvoir s’entraîner, se déplacer, s’équiper, communiquer avec l’encadrement et bénéficier d’un accompagnement adapté. Et pour que le public suive l’équipe, encore faut-il rendre les informations accessibles : résultats, portraits, règles, calendrier et contenus sous-titrés ou interprétés. La visibilité ne devrait pas être une faveur accordée aux joueurs la veille du départ ; elle fait partie de la reconnaissance sportive.

Les pouvoirs publics et les instances sportives peuvent jouer un rôle utile en facilitant la préparation, en coordonnant les moyens et en ouvrant les médias institutionnels à cette sélection. L’avantage serait double : donner aux joueurs les meilleures conditions et élargir la place du sport inclusif dans l’espace public. Le revers, si l’on s’arrête à la photo officielle, serait de célébrer l’inclusion sans financer les besoins concrets. Il faut donc des engagements lisibles : qui accompagne l’équipe, quelles ressources sont mobilisées, quel calendrier de préparation reste à accomplir ?

Une prudence s’impose aussi sur les ambitions sportives. Le président de la Confédération africaine de football des sourds cité par L’Union se dit confiant, tout en reconnaissant que la compétition sera difficile. La confiance est bienvenue ; la qualification au Mondial, elle, devra se gagner sur le terrain. Promettre une victoire avant le coup d’envoi serait faire du bruit pour rien. Mettre les joueurs dans de bonnes conditions, c’est déjà prendre leur performance au sérieux.

Le 30 novembre, les Panthères sourdes ne porteront pas seulement un maillot : elles représenteront une discipline encore trop peu racontée. À nous, médias, institutions et supporters, de ne pas les rendre invisibles au moment même où elles entrent dans l’histoire. Suivons leurs matchs, relayons leurs résultats et demandons les moyens de leur ambition. Cette fois, que le silence ne soit pas du côté des tribunes.

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