Sports et Loisirs

LES PANTHÈRES ONT DÉCROCHÉ LEUR BILLET : ET SI LE BASKET GABONAIS ARRÊTAIT DE JOUER LES INVITÉS SURPRISES ?

Deux victoires, une qualification pour l’AfroCAN 2027 et un succès net face au Congo : les Panthères ont fait le travail à Douala. La fête est méritée. La suite, elle, se gagnera aussi loin des applaudissements.

Le Gabon sera à l’AfroCAN 2027, au Rwanda. Les Panthères ont validé leur qualification après avoir battu le Cameroun, puis le Congo 86 à 58 lors du tournoi qualificatif disputé à Douala. Le compte rendu de l’Agence gabonaise de presse confirme le score et le billet pour la phase finale. Sur les réseaux suivis par Brand24, la performance a circulé dans plusieurs publications le 12 octobre, notamment sur Facebook, Instagram et X. Ce signal est réel, mais il ne permet pas à lui seul de mesurer une popularité nationale : la portée globale de la catégorie sportive est une donnée agrégée, pas l’audience de ce match.

La bonne nouvelle est simple : une équipe gabonaise a transformé une compétition courte en résultat concret. Le score contre le Congo et les deux victoires donnent aux supporters une raison légitime de se réjouir. Le basket gagne aussi une fenêtre médiatique, utile pour attirer des jeunes vers les clubs, donner de la visibilité aux joueurs et intéresser des partenaires. Les publications autour de Dolivitch Moupomo, crédité d’un double-double par les relais sportifs, montrent que les performances individuelles peuvent porter le récit au-delà du résultat brut.

Mais attention au piège du « tout va bien parce qu’on a gagné ». Une qualification n’est ni un championnat national structuré, ni une préparation garantie, ni une médaille déjà glissée dans la poche. Le déplacement, l’encadrement technique, les matchs de préparation, l’accès aux salles et la régularité des compétitions demandent une organisation suivie. Si la victoire sert seulement de décor à une série de photos officielles, l’élan retombera avant le premier entre-deux à Kigali.

La question au ministère chargé des Sports et aux instances concernées n’est donc pas de savoir qui posera à côté des Panthères, mais quel plan accompagne l’équipe jusqu’à la phase finale. Calendrier de préparation, moyens annoncés, critères de sélection, suivi médical et transparence sur l’utilisation des ressources : voilà les informations qui permettront au public de juger. L’action publique peut apporter un bénéfice décisif si elle transforme la qualification en préparation sérieuse. Elle peut aussi manquer sa cible si l’argent arrive tard, si les responsabilités restent floues ou si le basket n’existe dans l’agenda que les lendemains de victoire.

Le Secrétariat Général du Gouvernement, lorsqu’il coordonne ou publie les décisions touchant aux fédérations et aux moyens publics, a aussi un rôle de clarté : qui fait quoi, quand, avec quel financement et quel compte rendu ? Le sport ne demande pas des promesses en dunk. Il demande une passe décisive entre annonce, budget et terrain.

Pour aujourd’hui, savourons : les Panthères ont gagné leur billet. Pour demain, exigeons le programme qui va avec. Car Kigali ne distribuera pas de points pour les hashtags, et le public gabonais mérite mieux qu’une qualification célébrée puis oubliée.

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