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Panthères U20 : qualifiées par tirage au sort, éliminées 4-1… le hasard ne forme pas une génération

Le Gabon a perdu sa demi-finale de l’UNIFFAC face au Cameroun et manquera la CAN U20 2027. Réduits à dix dès la première minute, les jeunes Gabonais ont pourtant ouvert le score avant de céder. Au même moment, une nouvelle « Task Foot » s’ouvre à Libreville : le calendrier a presque le sens de l’humour.

Le voyage s’est arrêté brutalement à Yaoundé. Les Panthères U20 ont été battues 4-1 par le Cameroun, mercredi 21 octobre, en demi-finale du tournoi UNIFFAC. Cette défaite prive le Gabon de la CAN U20 2027 au Ghana. Le scénario fut cruel : un joueur gabonais expulsé dès la première minute, une équipe réduite à dix, puis l’ouverture du score à la 50e minute sur penalty par Kewell Litombo. Le Cameroun a ensuite inscrit quatre buts et pris le billet continental.

Il serait commode de tout expliquer par le carton rouge. Jouer presque tout un match en infériorité numérique contre le pays hôte bouleverse forcément le plan. Le courage des jeunes Gabonais, capables de tenir puis de marquer, mérite d’être reconnu. Mais le tournoi raconte aussi une histoire moins flatteuse : deux matches nuls en phase de groupes, une qualification pour les demi-finales obtenue par tirage au sort face à la RDC, puis une lourde défaite au premier rendez-vous décisif. Le hasard a ouvert la porte ; la préparation n’a pas suffi à la franchir.

Cette élimination survient au moment où le ministère des Sports ouvre, du 22 au 26 octobre à Akanda, une « Task Foot » consacrée au renouveau du football gabonais. Sept ateliers sont annoncés autour de la gouvernance, de la formation, des compétitions, du financement, de l’arbitrage, du marketing et des infrastructures. Réunir fédération, ligues, clubs, entraîneurs, joueurs et experts peut produire un diagnostic partagé : enfin la même table pour ceux qui se renvoient habituellement le ballon.

Le risque est connu lui aussi : cinq jours de discours, un épais rapport, une photo de famille et le championnat qui recommence à attendre. Le football des jeunes ne se reconstruit pas avec une réunion de plus. Il lui faut des compétitions régulières, des centres formateurs suivis, des éducateurs qualifiés, des calendriers stables, une détection nationale et des matches internationaux. Il faut surtout publier ce qui existe déjà, ce qui manque et ce que chaque acteur financera.

Le gouvernement doit soutenir les infrastructures et la formation sans administrer la sélection à la place des techniciens ni empiéter sur l’autonomie de la Fégafoot. Le ministère des Sports devra transformer les recommandations en calendrier chiffré. Le Secrétariat général du Gouvernement peut suivre les engagements interministériels budget, éducation, infrastructures mais le résultat sportif ne se décrète pas en Conseil des ministres.

Les U20 ne doivent pas porter seuls le poids d’un système. Leur match a montré du caractère, mais aussi la fragilité d’une filière qui atteint une demi-finale par loterie et espère ensuite battre un favori à dix contre onze. Si la « Task Foot » veut être crédible, qu’elle commence par une promesse simple : dans deux ans, la prochaine génération devra se qualifier par son jeu, pas par un tirage au sort.

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